Lancement historique ou manipulation marketing ? Après l’annonce de GPT-5, OpenAI est accusée d’avoir enjolivé la réalité pour séduire le public.
L’annonce du 7 août 2025 devait être un triomphe pour OpenAI. L’arrivée de GPT-5 était présentée comme une révolution technique, accompagnée d’une simplification radicale de l’interface pour séduire le grand public. Mais à peine l’euphorie retombée, les critiques se sont multipliées, l’entreprise est désormais accusée d’avoir enjolivé la réalité, et pas seulement sur ses performances.
La promesse d’un modèle unique… pour cacher le bazar
Jusqu’ici, ChatGPT ressemblait à un rayon de supermarché mal rangé, o3, 4o, o4-mini, 4.1-mini… une avalanche de noms incompréhensibles pour l’utilisateur lambda. OpenAI assurait que chaque modèle avait son utilité, mais pour la plupart des internautes, c’était juste une source de confusion.
Avec GPT-5, la firme balaie tout d’un revers de main. Fini les choix fastidieux, un seul modèle visible, GPT-5, censé tout faire, du raisonnement complexe à la réponse rapide. Officiellement, les sous-modèles (5-mini, 5-thinking, 5-Pro) existent encore, mais ils travaillent « en coulisses », choisis automatiquement par le système. Une simplification bienvenue ? Oui… si l’on oublie que l’option de sélection manuelle existe toujours pour les abonnés, et que rien ne garantit que la complexité ne reviendra pas.

Des graphiques trompeurs lors de la présentation
Le scandale est venu d’ailleurs. Pendant la conférence de lancement, OpenAI a exhibé une série de graphiques pour prouver la supériorité de GPT-5 sur ses prédécesseurs. Problème, les échelles étaient fausses. Certaines barres affichaient la même taille alors que les pourcentages différaient largement. Pire, un graphique sur le taux d’erreur donnait à GPT-5 un score de 50 %… mais la barre correspondante était plus petite que celle d’un modèle moins performant. En réalité, le chiffre correct était 16,5 %.
Résultat, sur les réseaux sociaux, l’affaire a pris feu. Sam Altman a dû admettre les erreurs et promettre que les visuels sur le blog officiel respectaient bien les échelles. Les excuses, elles, sont arrivées sur le ton de l’humour, « crime de graphique involontaire », selon un responsable marketing. Pas sûr que la formule suffise à éteindre la polémique.
Une communication qui pose question
OpenAI n’a pas été accusée de mentir sur les données brutes, mais la présentation biaisée a suffi à jeter un doute. Difficile de croire au hasard quand ces imprécisions servaient justement à gonfler l’impression de performance. Cette affaire met en lumière un point sensible, dans la course à l’IA, la bataille se joue aussi sur la perception. Et OpenAI semble prête à tordre la mise en scène pour sortir gagnante.
Voyager dans les coulisses du numérique, c’est aussi apprendre à déchiffrer ce qu’on nous vend comme des évidences. Derrière les belles promesses, il y a parfois un décor bien plus complexe. Alors, la prochaine fois qu’une entreprise d’IA vous vend « l’expérience ultime », prenez le temps d’observer les détails… ou de partir à la découverte d’autres horizons technologiques qui ne craignent pas la transparence.




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